Autrement dit, malaise au Mali !

Article : Autrement dit, malaise au Mali !
1 juillet 2020

Autrement dit, malaise au Mali !

La situation socio-politique au Mali est assez tendue. Dans le pays, du sommet de l’État au bas de la pyramide, c’est la peur au ventre. Ce malaise généralisé ne doit pourtant pas dérouter le M5-RFP de son objectif : le changement dans la gouvernance.

Le plus difficile dans une lutte, ce n’est point son déclenchement, mais de la mener à terme avec obligation de résultat. Cette thèse, qui s’apparente à une maxime, doit servir, à toutes les composantes du M5-RFP, de sujet de réflexion à un moment où le Mouvement traverse sa crise d’épreuve. 

Un mouvement qui fait trembler Koulouba

Le mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques, composé de plusieurs mouvements, associations, de partis politiques, etc., est l’auteur de la demande de démission du chef de l’État malien. Ce grand regroupement hétéroclite, parti de l’initiative de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), a su faire trembler le pouvoir central de Koulouba à travers ces deux grands rassemblements (le 5 et le 19 juin 2020).

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Suite à la première sortie de ce mouvement, le 5 juin 2020, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta est sorti de sa tanière pour annoncer de grandes actions à entreprendre pour l’apaisement du climat sociopolitique, en ébullition depuis les élections législatives du 29 mars et du 19 avril 2020. Cette pression exercée sur le pouvoir central s’est manifestée également par l’implication de plusieurs acteurs nationaux et internationaux dans la conciliation entre le chef de l’État et le M5.

Le malaise change de camp

Mais aujourd’hui, le malaise semble changer de camp. Le M5-RFP s’infecte du syndrome. Après la mobilisation du 19 juin, une mésintelligence s’installe au sein du mouvement. Le comportement ainsi que les dits récents de certains de ses membres, notamment ceux du mouvement Espoir Mali Koura (EMK), le prouvent.

Pour preuve, la jeunesse du mouvement EMK a lancé, le lundi 29 juin 2020, un Appel pressant à toute la jeunesse malienne à se mobiliser autour d’elle dans une large plateforme fidèle à la demande de démission du chef de l’État. 

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Cet état inchoatif du malaise tire son origine du 19 juin. Selon les explications de Cheick Oumar Sissoko, président du EMK, il y a eu une mésentente entre des membres du M5 et le parrain de la CMAS, Mahmoud Dicko (l’ex-président du haut conseil islamique du Mali) autour de cette question de démission d’IBK. Alors que l’imam Dicko semble privilégier le dialogue, à la demande des partenaires internationaux du Mali, certains membres du M5 semblent opposés à toute négociation. Ils ne jurent que sur le départ du locataire de Koulouba.

Fidélité aux objectifs du M5

Dans ce climat de malaise généralisé, doit-on comprendre que le M5-RFP a manqué à sa mission de changement de système de gouvernance ? A mon avis, non. Ses membres qui ont accepté d’aller aux tables de négociation ne doivent pas perdre de vue leurs objectifs : la dissolution de l’Assemblée nationale ainsi que de la cour constitutionnelle, le changement de gouvernement voire de gouvernance, etc. S’ils réussissent à les défendre bec et ongles, le chef de l’État n’aura plus d’autre choix que de les suivre. Une opportunité qu’ils doivent saisir pour proposer la mise en place d’un gouvernement d’union nationale avec un Premier ministre de plein pouvoir, comme ils le proposent eux-mêmes. Mais ils ne doivent nullement manquer de proposer l’organisation prochaine d’Assises nationales afin de résoudre les problèmes phares du pays.

Agissant de la sorte, le M5-RFP se verra rejoindre la cour du mouvement An tè A bana. Le Mouvement qui a réussi à annuler le projet de révision constitutionnelle au Mali en 2017.

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