Comment j’ai découvert Mory Kanté

Article : Comment j’ai découvert Mory Kanté
23 mai 2020

Comment j’ai découvert Mory Kanté

Le monde a appris avec regret le décès de Mory Kanté le vendredi 22 mai 2020. Plusieurs générations ont écouté et admiré les musiques de ce chanteur guinéen. Personnellement, je l’ai découvert à force de l’écouter auprès des autres.

Vers 1997, chaque après-midi, dans notre concession de Dioforoko (dans la région de Ségou), retentissait le son du magnétophone de mon père. J’entendais chaque fois le son Yéké Yéké. Je n’avais encore que l’âge d’aller à l’école.

En famille

Mon père, ma mère en compagnie de ses amies, se mettaient tous à proférer des pas de danse sur place au rythme de Yéké Yéké. Chez mon père, il y avait plus. La joie était tellement immense sur son visage qu’il la laissait transparaître dans un sourire. Quant à ma mère, elle se mettait de temps en temps à réciter cette chanson du début jusqu’à la fin.

J’ai grandi dans cette atmosphère qui a fini par me contaminer sans connaître au départ l’auteur de la musique. C’est bien plus tard, quand j’ai commencé à chercher un sens à tout ce qui se passait autour de moi, soit la classe de 6e année, que je découvre Mory Kanté. C’est à cette époque que mon père m’a fait comprendre qu’il s’agissait d’un illustre chanteur guinéen ayant travaillé avec Salif Keïta, que j’avais découvert également auprès de lui. Parce qu’il possède tous les albums, en cassettes, de cet artiste malien.

Chansons de sensibilisation

Sur chacune des chansons de chacun de ces deux chanteurs, il racontait les histoires qui leur ont donné naissance.

« J’admire les chansons de Sékou Kanté parce qu’elles sensibilisent sur la vie », me raconte mon père.

Depuis ces temps, j’ai nourri un amour fou pour les chansons de Mory Kanté et toutes les musiques anciennes du Mali, notamment celles de Salif Keïta. 

À l’annonce de la mort de Mory Kanté, quand j’ai appelé mon papa, il était encore sous le choc. « Mon fils, je suis sous l’émotion. Le monde vient de perdre un grand baobab », se contente de me dire.

Ce chanteur guinéen est mort physiquement, mais il demeurera éternellement avec nous. Car les grands hommes ne meurent pas à proprement parler. Il vivra à travers ses musiques qui ont traversé plusieurs frontières.

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