Des caniveaux ou des dépotoirs d’ordures ?

Article : Des caniveaux ou des dépotoirs d’ordures ?
18 mai 2020

Des caniveaux ou des dépotoirs d’ordures ?

À Bamako, capitale du Mali, l’assainissement reste toujours un secteur laissé pour compte. Or, la présence des déchets a des conséquences sur d’autres volets du développement.

Après chaque pluie diluvienne, toutes les rues, la voie principale qui relie le quartier à la grande université du pays, voire des concessions, se transforment en mers. En cause, le passage des eaux de ruissellement est bouché par des ordures ménagées de toute sorte.

Les ordures nous font suffoquer

À Kabala, quartier périphérique de Bamako, par faute de dépôt de transit, les caniveaux ainsi que les parcelles vides sont transformés en dépotoirs d’ordures. La population déverse dans ces endroits des ordures ménagées. Cela, sans aucun souci sanitaire. Des dépôts qui finissent par obstruer le passage de l’eau. Ce qui engendre chaque année pendant l’hivernage des inondations.

Pourtant la plupart des familles ont des poubelles à leur porte. Les boutiquiers au bord de la voie publique en possèdent également. Il existe aussi des entreprises privées qui se chargent de vider ces poubelles moyennant une certaine somme à la fin du mois. Une somme qui varie entre 2000 et 2500 FCFA. Des citoyens préfèrent salir leurs alentours que de payer aussi cette somme.

Absence de dépôt de transit

Malgré tout, l’assainissement reste toujours un idéal dans ce quartier. Selon Moctar, un des agents d’assainissement d’une entreprise privée du quartier, le principal problème est l’inexistence de dépôt de transit dans ce quartier. Il me confie qu’il parcoure près de trois kilomètres pour effectuer le dépôt de ces ordures dans une propriété privée. Cela, avec l’autorisation du propriétaire de la parcelle.

Certaines de ces entreprises évoluant dans ce secteur de l’assainissement s’entendent aussi avec des paysans. Des gens qui ont besoin de ces déchets ménagers dans leur champ. Mais là, ces entreprises sont obligées de débarrasser les ordures de tous les sachets plastiques avant de les déverser dans les champs.

Dépôt de transit transformé en mosquée

Selon mes indiscrétions, l’espace qui devrait servir de dépôt de transit dans ce quartier aurait été confisqué pour la construction d’une mosquée. Depuis lors, aucun autre lieu n’a été proposé pour servir de dépôt d’ordures.

Tous ces problèmes dénotent à mes yeux d’un manque de considération pour l’assainissement. Parce que les citoyens ne voient pas de raison de réserver entièrement un espace pour servir de dépôt d’ordures. 

Cette situation est ce qui explique en grande partie l’insalubrité de la ville de Bamako. Malgré de nombreuses initiatives mises en place par le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Housseini Amion Guindo, cette ville demeure assez salle. Or, sans assainissement, je trouve difficile l’accès à une santé durable et par ricochet à un véritable développement. 

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