Crise scolaire au Mali, miroir de nos indifférences

Article : Crise scolaire au Mali, miroir de nos indifférences
22 juin 2020

Crise scolaire au Mali, miroir de nos indifférences

L’instruction est une arme redoutable qu’il ne convient nullement de négliger si l’on veut rassurer au pays un meilleur avenir. La fin de la grève des enseignants au Mali n’est aucunement synonyme de sauvetage de l’école malienne. Pourtant, il est urgent de travailler dans ce sens.

Comme dans tout duel, le bras de fer entre les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 et le gouvernement malien est terminé dans la victoire des enseignants. Après plus de quatre mois sans cours pour une demande d’application de loi votée par l’Assemblée nationale, les enseignants obtiennent du président de la République malienne, Ibrahim Boubacar Keïta satisfaction. Le chef d’Etat instruit à son Premier ministre, Boubou Cissé, une application rapide, pleine et complète de l’article 39 du statut des enseignants, objet de leur opposition.

Le médecin après la mort

Cette décrispation de la crise scolaire n’est rien d’autre que le médecin après la mort. En effet, à la grève des enseignants s’est ajoutée la crise sanitaire du Coronavirus qui a encore durement frappé l’école malienne.

Certes, depuis le 2 juin 2020, les classes d’examens ont repris, notamment dans les écoles privées. Mais vont-ils étudier pour combien de temps, pour quelle qualité d’enseignement ? Avec la fin de la grève des enseignants, les classes d’examens dans les écoles publiques ont également repris les cours le jeudi 18 juin 2020, à l’appel des syndicats.

Sauver l’école malienne

Mais faut-il rappeler que cette résolution aura moins d’effets. Car au Mali, le temps ne doit plus être uniquement au sauvetage des années scolaires, mais plutôt à celui de l’école malienne. Il faut travailler à rendre l’élève malien plus compétitif sur le marché de l’emploi.

Malheureusement, les autorités maliennes semblent se soucier uniquement de leur poste ou renommée et non de la qualité de l’enseignement. Or, tant que l’excellence ne sera pas notre premier souci, il serait difficile de résoudre les crises scolaires récurrentes de manière durable et par ricochet de sauver l’école malienne. Les crises scolaires au Mali ne sont que la marque de notre indifférence vis-à-vis de l’éducation de nos enfants. 

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